Une lettre d'élève

Publié le par jeunes écrivains

Mon Cœur

 

Je t'écris cette lettre pour te signaler que ce sera la dernière que j'écrirais du front, après huit mois passés à la guerre et après avoir passé trois semaines au front, voir tes meilleurs amis de guerre tomber juste devant toi, ne plus imaginer  te voir c'est comme demander au soleil de ne plus jamais briller. La violence des combats, les bruits des obus projetés par les canons ennemis. Il y a trois semaines quand je revenais du front, deux de mes camardes me suivaient. Pourtant lors de notre départ on était au moins trois cents hommes avec la peur au ventre de ne plus jamais revoir notre famille, nos amis et nos amours (toi dans mon cas), tous les jours j'ai pensé à toi. Un jour il y a eu une mutinerie, je voulais les suivre mais je me suis dis au dernier moment que je savais comment ça allait se terminer. J'ai bien fait de ne pas les suivre ils se sont tous fait massacrer à l'arrière juste après leur capture. Ce qui m'a retenu c'est que je savais que si j'étais pris je ne te reverrais plus mais aussi que si tu m'aimais autant que moi je t'aime tu mourrais de chagrin alors c'est pour cela que j'ai décidé de ne pas les suivre, je me suis couché et avec les autres camarades on a tous écouté les cris de douleurs et les coups de feu. Quelques jours après, les hommes qui étaient partis à notre place étaient tous blessés grièvement puis à leur sortie de leur infirmerie, ils étaient invalides car un obus avait frappé en plein sur eux. D'autres sont devenus sourds, des fois j'ai peur de le devenir et si par malheur cela doit arriver je fais le vœux d'écouter ta voix une dernière fois.
Dans les boyaux, des médecins venaient nous chercher pour vérifier les dégâts, car on avait vécu avec les rats, dormi dans la boue, marché sur nos camarades morts. De l'autre coté, chez les ennemis, les Allemands, cela devait être pareil. Tout ça juste pour de la politique, c'est vraiment nul. Vivement qu'on se voie car je t'aime tellement. Je me rappelle tes cheveux bruns, tes magnifiques yeux marron. Comme j'aimerais les revoir tous de suite. Quand le général nous a signalé que la guerre allait prendre fin je me suis dis que j'espérais que tu m'attendrais, que tu serais heureuse quand j'arriverais car ma vie n'a plus aucun sens pour moi si tu n'es pas là.

Je t'aime
M.G

Publié dans témoignages

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