Figures de style et tonalités

Publié le par jeunes écrivains

Voici une vue d'ensemble des figures de style. A garder pour l'année prochaine. Je mets en rouge celles qui sont essentielles pour le brevet.

Les figures de style

 

Définition : Une figure de style est un procédé qui consiste à rendre ce que l’on veut dire plus expressif, plus impressionnant, plus convaincant, plus séduisant… Autrement dit, une figure de style permet de créer un effet sur le destinataire d’un texte (écrit ou parlé).

 

               Les figures par analogie, qui permettent de créer des images :

Comparaison

Elle établit un rapport de ressemblance entre deux éléments (le comparé et le comparant), à l’aide d’un outil de comparaison (comme, ainsi que, plus… que, moins… que, de même que, semblable à, pareil à, ressembler, on dirait que…)

Ex : Le soleil est semblable à de l’or.

  Ton teint est pareil à l’éclat de la rose.

  La terre est bleue comme une orange. (Eluard)

Métaphore

C’est une comparaison sans outil de comparaison. Les termes y sont pris au sens figuré.

Ex : Ton teint de rose

   Je ne regarderai ni l’or du soir qui tombe. (Hugo)

   L’homme n’est qu’un roseau, le plus faible de la nature,

          mais c’est un roseau pensant. (Pascal)

Personnifi-cation

Elle représente une chose ou une idée sous les traits d’une personne.

Ex : La forêt gémit sous le vent.

  … ces rois de l’azur, maladroits et honteux (Baudelaire)

  L’Habitude venait me prendre dans ses bras et me portait

          jusque dans mon lit comme un petit enfant. (Proust)

Allégorie

Elle représente de façon concrète et imagée les divers aspects d’une idée abstraite. Elle se repère souvent grâce à l’emploi de la majuscule.

Ex : La Mort est souvent représentée par une faucheuse.

   Mon beau navire ô ma mémoire

   Avons-nous assez navigué

   Dans une onde mauvaise à boire

   Avons-nous assez navigué

   De la belle aube au triste soir. (Apollinaire)

N.B. : Quand une comparaison ou une métaphore est tellement utilisée qu’elle devient usée et banale, elle se transforme :

-          en expression lexicalisée :  Ex : prendre ses jambes à son cou ; verser des torrents de larmes ; être doux comme un mouton…

-          en cliché : Ex : des cheveux d’or ; un cœur de pierre…

 

Les figures de substitution, qui remplacent un terme par un autre terme ou par toute une expression :

                   Métonymie

Elle remplace un mot par un autre mot selon un lien logique.

Ex : Je viens de lire un Balzac.  /  Boire un verre.

   Il est premier violon à l’orchestre de Lille.

   Le Vatican est en désaccord avec la Maison blanche.

   La France a remporté la Coupe du monde de football.

Synecdoque

Elle consiste à désigner la partie pour le tout (et vice-versa), ainsi que la matière pour l’objet et le particulier pour le général..

Ex : Les voiles disparurent à l’horizon.

   Ils croisèrent le fer. / Revêtir un vison.

   Le Français est cartésien.

Périphrase

Elle remplace un mot par une expression qui le définit.

Ex : La capitale de la France.  /  L’astre de la nuit. 

   Le roi des animaux.  /  L’empereur à la barbe fleurie

 

Les figures de l’insistance ou de l’atténuation :

                        Hyperbole

Elle consiste à exagérer.

Ex : Je meurs de faim.

   Un vent à décorner les bœufs.

   Ouais, c’est vraiment trop génial !

Gradation

C’est une énumération de termes organisée de façon croissante ou décroissante.

Ex : Va, cours, vole et nous venge ! (Corneille)

   Je me meurs, je suis mort, je suis enterré. (Molière)

   C’est un roc !… c’est un pic !… c’est un cap !

   Que dis-je, c’est un cap ?…c’est une péninsule ! (Rostand)

Euphémisme

Elle consiste à atténuer l’expression d’une idée, d’un sentiment (pour ne pas déplaire ou choquer).

Ex : Elle a vécu.  /  Ton papa est parti faire un long voyage.  /  Tu sais, pépé, il est monté au ciel.

   Les non voyants.  /  Une très longue maladie.

   Je lui ai chatouillé les côtes.

Litote

Elle consiste à dire moins pour faire entendre plus.

Ex : Va, je ne te hais point. (Corneille)

   On ne mourra pas de faim aujourd’hui.

   Il ne me paraissait pas douteux que M. Alphonse n’eût été victime d’un assassinat. (Mérimée)

Anaphore

Répétition de(s) même(s) terme(s) en début de plusieurs phrases, de plusieurs vers, de plusieurs propositions.

Ex : Rome, l’unique objet de mon ressentiment !

   Rome, à qui vient ton bras d’immoler mon amant !

   Rome, qui t’a vu naître et que ton cœur adore !

   Rome enfin que je hais parce qu’elle t’honore ! (Corneille)

   C’est bien, c’est beau, c’est Bosch !

Parallélisme

Répétition de la même construction de phrase (autrement dit de la même structure syntaxique).

Ex : Innocents dans un bagne, anges dans un enfer  (Hugo)

   Femme nue, femme noire,  /  Vêtue de ta couleur qui est vie, de ta forme qui est beauté.  (Senghor)

Accumu-lation

Enumération plus ou moins longue de termes.

Ex : Rien n’était si beau, si leste, si brillant, si bien ordonné que les deux armées. Les trompettes, les fifres, les hautbois, les tambours, les canons formaient une harmonie telle qu’il n’y en eut jamais en enfer. (Voltaire)

Question oratoire /rhétorique

Affirmation déguisée sous la forme d’une question.

Ex : Ne suis-je pas adorable ?

   Comment mon client a-t-il pu tuer sa femme, alors qu’au moment du crime, il était à mille kilomètres ?

 

Les figures d’opposition :

                        Antithèse

Opposition très forte entre deux termes.

Ex : Qui aime bien châtie bien.

   Ici c’était le paradis, ailleurs l’enfer.  (Voltaire)

   Je sentis tout mon corps et transir et brûler. (Racine)

Oxymore

Deux termes, unis grammaticalement, s’opposent par leur sens.

Ex : Un silence éloquent / La Bête humaine d’Emile Zola

   Cette obscure clarté qui tombe des étoiles (Corneille)

Antiphrase

Elle exprime une idée par son contraire dans une intention ironique.

Ex : C’est du propre !

   Je suis dans de beaux draps !

Chiasme

Deux expressions se suivent, mais la deuxième adopte l’ordre inverse (A – B  /  B’ – A’)

Ex : Il y a de l’Urgo dans l’air, il y a de l’air dans Urgo.

   Il faut manger pour vivre et non pas vivre pour manger.

   Le cœur a ses raisons que la raison ignore.

Paradoxe

Il énonce une opinion contraire à l’idée commune, afin de surprendre, de choquer, d’inviter à la réflexion.

Ex : Les premiers seront les derniers.  /  In vino veritas.

   De nombreux enfants au Q.I. très élevé sont en échec scolaire.

 

Les figures de rupture :

                        Anacoluthe

Rupture de construction syntaxique.

Ex : Le nez de Cléopâtre, s’il eût été plus court, la face de la terre en eût été changée. (Pascal)

   Mais moi, la barre du bourreau s’était, au premier coup, brisée comme un verre. (A. Bertrand)

Ellipse

Absence d’un ou de plusieurs mots.

Ex : L’Oréal, parce que je le vaux bien.

   Jumbo. La Tunisie, mon papa et plouf !

Zeugma

Rapprochement d’un mot concret et d’un mot abstrait dans un même énoncé.

Ex : Il prit du ventre et de l’importance.

  

 

Les figures qui jouent sur les sons :

Assonance

Répétition d’un même son de voyelle.

 

Ex: Tout m’afflige et me nuit et conspire à me nuire. (Racine)

Allitération

Répétition du même son de consonne

Ex : Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes ? (Racine)

Paronomase

Rapprochement de deux homonymes (qui se prononcent pareil) ou de deux paronymes (qui se prononcent presque pareil)

Ex. : Il n’y a que Maille qui m’aille !

   Qui se ressemble s’assemble.

   Mangeons bien, mangeons bio !

 

Un petit plus : un cours sur les tonalités

Tonalités

Les tonalités littéraires, ou registres littéraires, sont les différents effets produits par un texte littéraire sur son lecteur (pragmatique textuelle), grâce à des procédés d'écriture et des thèmes précis.

Tonalité élégiaque

Tirant son nom des élégies, poèmes au ton plaintif particulièrement adapté à l'évocation d'un mort ou à l'expression de souffrances amoureuses, elle est une tonalité lyrique fortement empreinte de mélancolie.

Tonalité tragique

Le registre tragique présente des personnages hors du commun aux destins marqués par la fatalité. Il multiplie les procédés qui suscitent l'inquiétude et la fascination.

Tonalité lyrique

Associée à la lyre d'Orphée, héros et poète de la mythologie grecque, la tonalité lyrique vise à traduire dans un registre généralement élevé les émotions et les passions du locuteur (mélancolie, nostalgie, regret, douleur, mais aussi joie, bonheur, enthousiasme, etc.). On y retrouve donc les thèmes de la solitude, de la fuite du temps, de la nature, de la désillusion.

C'est un registre qui exprime les sentiments et les émotions que le locuteur ressent. Le plus souvent, ce sont des thèmes de la tristesse, de la douleur et de la passion qui sont évoqués, mais également l'amour et la fuite du temps.

Du point de vue stylistique, on note :

•   emploi de la première personne du singulier

•   apostrophes : Ô (adresses ou invocations à quelqu'un)

•   emploi de nombreuses figures de rhétorique

•   emploi d'un langage musical basé sur les assonances

•   ponctuation très fréquente, notamment les virgules.

Tonalité comique

La tonalité comique consiste à provoquer le rire à l'aide de divers procédés : jeux de mots, quiproquos, répétitions, associations burlesques, etc.

La tonalité comique déforme la réalité à travers des situations qui provoquent le rire. L'ordre habituel des choses, la logique du langage, des gestes et des comportements sont mis en cause par une rupture inattendue.

Tonalité ironique

L'ironie consiste à vouloir faire comprendre le contraire de ce que l'on dit et repose donc sur l'implicite. Il convient alors sur la réelle intention du locuteur par principalement trois figures de rhétorique : l'antithèse, l'oxymore et l'antiphrase.

Tonalité pathétique

L'adjectif pathétique vient du grec pathos, signifiant « passion, souffrance ». Le registre pathétique concerne tous les énoncés qui suscitent chez le lecteur une émotion violente, douloureuse, voire des larmes. Cette émotion peut être une fin en soi mais aussi avoir une fonction argumentative et amener le lecteur à réagir, face à une injustice par exemple.

Il se caractérise par une syntaxe de l'émotion (musicalité, phrases exclamatives ou interrogatives), des termes appartenant au réseau lexical de la souffrance et des sentiments violents, des hyperboles, des images fortes. Mais l'émotion que ressent le lecteur est d'abord due au récit d'événements malheureux (séparation, misère, mort) et au fait que le lecteur s'identifie au personnage qui les subit.

 

Publié dans BREVET

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jean marc 13/10/2016 21:04

merci j'ai vraiment apprecié votre site c'est bien expliqué