Derrière un sourire

Publié le par les jeunes écrivains

Derrière un sourire


- "Coucou ça va ?? demandai-je

- Très bien et toi ?? me répondit Alexandre de son sourire charismatique. Il était grand, brun, les yeux verts et la peu mate. Il était gentil, amusant, romantique, intelligent, serviable… C’était le collégien idéal et toutes les filles en étaient amoureuses.

- Ouais, ouais, alors vous avez fait quoi pendant votre week-end ??

- Oh, notre père nous a emmenés faire une balade dans la forêt, c’était génial !! me répondit-il.

Ah oui, vous et vos habitudes du week-end !!" rétorquai-je.


     Moi, c’était Ludivine. J’avais 14 ans et j’étais au collège, eux c’étaient mes meilleurs amis, Alexandre et Emma. Ils étaient jumeaux et étaient tous les deux dans ma classe. J’avais rencontré Emma au collège, elle était dans ma classe en 6ème, et nous étions tout de suite devenues amies. Elle était ma confidente et ma meilleure amie, je l’appréciais énormément. Ensuite elle me présenta son frère et on avait tout de suite sympathisé. Depuis, tous les trois on était inséparables. On passait toutes nos récrés ensemble, et, parfois, le soir après les cours, ils venaient chez moi. Emma, elle était comme son frère, une brune aux yeux verts. Elle était belle et mince, toujours prête pour aider les gens, drôle, maligne, sensible… Et toutes les filles en étaient jalouses. Leur père était ingénieur, c’était un homme charmant et il avait le même sourire que son fils et de la malice dans les yeux. Leur mère ne travaillait pas. C’était une femme belle et élégante, et d’une incroyable gentillesse. Ils formaient la famille parfaite, mais moi les familles parfaites je n’y croyais pas et j’ai toujours pressenti que leurs sourires merveilleux cachaient quelque chose.


     A la sortie de l’école, je leur demandai si je pouvais passer chez eux le samedi pour notre travail commun en français.

- "Euh, non je préférerais que l’on aille chez toi, me dit Emma.

- Mais pourquoi? Ca serait l’occasion de visiter votre maison.

- Euh, oui mais... euh.. elle est en travaux, bégaya Alexandre.

- Ah d’accord, alors à samedi chez moi vers 16 heures."

     Et quand Alexandre tendit le bras, je découvris un énorme hématome, mais je ne dis rien et fis comme si je ne l’avais pas vu.

     Je me souvins que ce n'était pas la première fois que j'apercevais ce genre d'hématome sur Alexandre. Un jour, il était revenu avec un énorme cocard et il avait prétendu qu'il s'était cogné contre une porte mais je ne l'ai jamais vraiment cru. Et un autre jour, il avait eu le bras cassé mais il ne m'avait jamais donné d'explications valables et j'avais fini par abandonner.

     Mais quand ils furent partis, ma décision était prise. J’allais enquêter...
    
     Le samedi, je décidai de me rendre chez eux grâce à l’adresse que j’avais trouvée dans l’annuaire téléphonique. Je prévins ma mère que je sortais et que je serais de retour vers 15h30. Je me rendis donc à l’adresse. Là, se trouvait une ancienne maison bourgeoise en pierres apparentes. A travers le portail, je vis la voiture de leur père, et je trouvais cela bizarre car il me semblait que les jumeaux m’avaient dit que leur père travaillait tard le samedi. Je pris mon courage à deux mains et commençai à escalader le muret. Après plusieurs minutes et beaucoup d’égratignures, je me trouvai de l’autre côté, dans un immense jardin avec plusieurs orangers en fleurs et tout au long de l'allée centrale se trouvaient des parterres de toutes les couleurs. Ce magnifique spectacle me coupa le souffle. Je m’approchai tout doucement lorsque j’entendis un hurlement à me glacer le sang. Je me figeai. La peur me paralysait et j’hésitai entre continuer ou me sauver en courant.

-" Allez Ludivine, ce n’est pas un hurlement qui provient certainement de la télévision qui va t’effrayer!!» essayais-je de me rassurer, car les suppositions qui me venaient à l'esprit étaient totalement impossibles et irrationnelles. Tu regardes vraiment trop de films !! " Et je pris mon courage à deux mains et décidai de continuer.

     Je m’approchai de plus en plus de l’entrée et, au moment où j’allais appuyer sur la sonnette, une petite voix dans ma tête me dit d’entrer sans sonner et je décidai de suivre son conseil. Je poussai la porte ( par chance elle n’était pas fermée à clef), j’entrai et je me retrouvai dans une grande pièce à vivre. L’intérieur était très simple, mais aussi très beau. Le canapé était blanc ainsi que les fauteuils, les meubles étaient en bois merisier et de style Louis-philippe.

     Soudain, des bruits sourds et des cris étouffés me tirèrent de ma rêverie. Je pris l’escalier qui se trouvait à ma droite et commençai à grimper les marches sans faire de bruit. Plus je grimpais les marches et plus j’étais effrayée mais je ne pouvais me résoudre à abandonner.

     Quand je fus arrivée à l'étage, je me retrouvai dans un couloir sombre avec plusieurs portes. Je m’avançai vers la première et découvris que celle-ci n’était pas fermée mais simplement poussée. De cette pièce, provenaient ces bruits sourds et ces cris étouffés.

     Rongée par la curiosité, je poussais légèrement la porte et découvris avec horreur, Alicia (La mère d’Alexandre et Emma), ligotée et bâillonnée , assise dans un coin de la pièce. Elle était terrifiée et des larmes coulaient sur ses joues. Je suivis son regard et, horrifiée, je découvris un immense lit au milieu de la chambre (c’était le seul meuble de la pièce avec une veille armoire en chêne), les jumeaux étaient allongés, et leur père leur faisait des horreurs. Quelque chose de tellement affreux que ces images me coupèrent le souffle. Je n'avais jamais vu quelque chose de si horrible. Mon sang se figea, ma tête bourdonnait, mes jambes flageolèrent et mon regard croisa celui d’Alexandre, mais il n’avait plus son sourire habituel ni cet éclat dans ses yeux. Il me fit signe de partir, mais mes jambes refusèrent de bouger. C’est alors que son père m’aperçut. Il s’avança vers moi, à grands pas et ouvrit la porte en grand. Il me regardait droit dans les yeux et sur ses lèvres se dessina un horrible rictus. J’étais pétrifiée et mon cœur battait à tout rompre. Il m’attrapa par le bras, m’entraîna à l’intérieur de la chambre, et il claqua la porte derrière lui.


     Quelques jours plus tard, on retrouva mon cadavre abandonné dans un fossé. La police prit l'affaire en main, mais elle ne réussit pas à découvrir mon meurtrier et l'affaire fut classée en peu de temps car jamais elle n' aurait soupçonné une famille parfaite. Jusqu'au jour où, dans un commissariat, une jeune femme et son frère portèrent plainte contre leur père…

Publié dans Concours 3°

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