Lettre 6

Publié le par jeunes écrivains

« La pelle bien aiguisée est une arme plus commode et beaucoup plus utile ; non seulement on peut la planter sous le menton de l’adversaire, mais surtout, on peut asséner avec elle des coups très violents ; spécialement si l’on frappe obliquement entre les épaules et le cou, on peut facilement trancher jusqu’à la poitrine. »

 

À l'Ouest rien de nouveau, E-M. Remarque

 

   

« On est arrivé à se battre dans les tranchées non avec le fusil et la baïonnette , mais avec la pelle et la pioche, jusqu’au couteau. Je vous prie donc de m’adresser dans le plus court délai un couteau solide, puissant, avec un cran d’arrêt, ainsi qu’une chaîne pour l’attacher. »

 

Lettre du Poilu Emile Sautour

Publié dans témoignages

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Benoit 31/12/2009 15:48


Mon cher Emile,
C’est aussi horrible qu’inimaginable d’apprendre dans quelles conditions de vie vous combattez, mais je te soutiens de tout mon cœur dans ton combat, quoique tu fasses. S’il te faut un couteau
alors avec cette lettre, tu recevras un paquet dans lequel j’y ai soigneusement déposé un vieux couteau de charcutier, il appartenait à ton grand-père, sa vaudra bien mieux qu’une de vos pelles. Et
n’oublies surtout pas d’être sans pitié, ces fiers allemands ne le méritent pas, ce sont des prussiens et lorsque c’était à mon tour dans ma jeunesse, tout comme toi, j’ai hésité, j’ai eu peur mais
quand j’ai vu qu’ils n’éprouvaient presque aucune pitié, alors j’ai fait de même. Si tu veux survivre, tues en autant que tu le pourras. Tu trouveras que je suis un peu cruel mais à la longue tu me
comprendras. Ta mère et ta sœur pensent beaucoup à toi et surtout, elles s’inquiètent beaucoup, mais sinon elles se portent bien. Pour ma part, hormis certaines sotteries ignobles sur la guerre que
l’on peut entendre à l’arrière et qui me mettent hors de moi, tout se passe bien et je ne doute pas de toi, tu y arriveras, ne t’inquiètes pas. Par contre envoie régulièrement de tes nouvelles
parce que sinon ta mère et ta sœur s’inquièteraient. Ne te préoccupe pas trop de notre famille, elle ne risque rien. Occupes toi surtout de toi, car tu as besoin de beaucoup de courage.
Toute ta famille te fait parvenir de grosses bises et bonne chance.
Ton père.