Lettre 2

Publié le par jeunes écrivains

Mercredi 14 juin 1916
Ma chère mère,

[...] J'avais rêvé avant mon départ en persmission que ces six jours seraient pour moi six jours trop courts de bonheur, que partout je serais reçu les bras ouverts ; je pensais, avec juste raison je crois, que l'on serait aussi heureux de me revoir, que moi-même j'étais à l'avance à l'idée de passer quelques jours au milieu de tous ceux auxquels je n'avais cessé de penser. Je me suis trompé ; quelques-uns se sont montrés franchement indifférents, d'autres, sous le couvert d'un accueil que l'on essayait de faire croire chaleureux, m'ont presque laissé comprendre qu'ils étaient étonnés que je ne sois pas encore tué. Aussi tu comprendras, ma chère mère, que c'est avec beaucoup de ranceur que j'ai quitté Paris et vous tous que je ne reverrai peut-être jamais. [...]

Je vais donc essayer d'oublier comme on a oublié, ce sera certainement plus difficile, et pourtant j'avais fait un bien joli rêve depuis deux ans. Quelle déception! Maintenant je vais me sentir bien seul. Puissent les hasards de la guerre ne pas me faire infirme pour toujours, plutôt la mort, c'est maintenant mon seul espoir.
Adieu, je t'embrasse un million de fois de tout coeur.
Gaston


Extrait de Paroles de poilus, Lettres et carnets du front, sous la dir. de J.P. Guéno et Y Laplume, Ed. Librio et Radio France 1998.

Publié dans témoignages

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cortial samantha 3.3 24/01/2010 12:52


Mon cher Gaston,
Je viens de recevoir ta lettre , elle m'a beaucoup ému.je n'arrive pas à imaginer ce que tu dois endurer, tout cela me fait beaucoup de peine. sache que je suis de tout coeur avec toi.
je t'aime Gaston.
ta mère


SARRON Marie 3°3 20/01/2010 13:46


Mon cher Gaston
J'imagine tous ce que tu endures pendant tes journées. Sache que la maison t'attend en vie. je pense que tu reviendras vivant, il ne faut pas penser au futur mais au présent.
Ta maman qui t'aime.


DAUZET nicolas 10/01/2010 18:31


Mon chère Gaston,

j'ai recu ta lettre, sâche que nous te soutenons et que tu n'est pas seul. Toute la famille étaient heureuses de te revoir mais ils n'arrêtaient pas de penser que tu retournerait fair la guerre.
C'est pour cela qu'il n'était pas trop content.

j'espère te revoir bientôt. Et rappelle toi que tu n'est pas seul, tout la France est avec toi pour te soutenir. Je t'embrasse très fort de tout mon coeur.
christine


Agus Aymeric 07/01/2010 18:15


Mon fils, Gaston.

Je comprend ta déception ainsi que la surprise de notre famille; certains on perdu leur mari ou leur fils. Moi même, après la disparition d'Albert ton malheureux frère, j'ai eut du mal à croire que
tu était encore vivant. Cette guerre n'a aucun sens... Tâche cependant de ne pas oublier à quelle famille tu appartient et sache que je t'aime de ton mon cœurs.

En l'espoir que cette guerre sans fin cesse enfin; ta chère mère qui t'embrasse tendrement.


mélina 06/01/2010 20:32


Mon chère enfant,
Lorsque j'ai lu ta lettre, je me suis rendu comte que certaines personnes t'avaient mal accueilli et que tu étais très triste de cette accueil. Je comprend ta déception car tes jours doivent être
très difficile. Sache que moi, je ne t'ai pas oublié car tu es mon fils et que tu ne serras jamais seul, je serrais toujours là pour toi.
Je sais que tu es le meilleur et que tu nous reviendras vivant de cette guerre. J'y croix, j'en suis sûre, je l'espère.
Je ne te dit pas adieu, mais juste au revoir et je t'embrasse.
Ta très chère mère.