Drôle de vache

Publié le par les jeunes écrivains

DRÔLE DE VACHE

 

Voilà, c’est fini, la guerre est terminée. Le Toine et moi, le Max, rentrons au Mat. Il est vingt-deux heures. Le Toine est mon meilleur ami. Ensemble, on a tout fait, comme l’école et la guerre. Je rentre voir Chloé mon amie, et lui, notre Toine, NOTRE Toine, aimé de tous, rentre voir Muriel. Quand ils se sont rencontrés, il est parti à la guerre.

                Le lendemain matin, je rouvre mon épicerie de la place du marché, qui se déroule le lundi. Avec Chloé, nous la tenons depuis dix ans. Le Toine lui est paysan, avec ses vingt vaches, il s’y plaît à sa ferme ! A côté de mon épicerie, il y a la laiterie, tenue par Nadège, la cousine du Toine. Le maire, Georges, habite en haut du village. Le cantonnier, Olivier, vit avec Cathy la tenancière du bar. Paul le Parisien, lui, vit une petite maison qu’il a retapée. A côté, Adelaïde surnommée la Del, celle-là, elle sait tout sur tout.

Une semaine est passée depuis notre retour. Très tôt, le Toine arrive chez moi. Il sonne, il sonne encore, et encore, des jours, il m’énerve, surtout quand il me réveille. Je déteste ça. Quand j’arrive à la porte j’ai envie de le tuer. J’ouvre, il est tout excité et tout essoufflé, je me demande bien ce qui vient de se passer. Le Toine m’explique qu'une de ses vaches vient de disparaître subitement mais je ne suis pas bien réveillé et je ne le crois pas. Il me supplie de le suivre alors je viens avec lui.

Le Toine me propose d’aller voir la Del. Nous allons chez cette commère :

«- Bonjour, dis-je à la Del.

- Ohhh! Max! Mais c'est pas vrai, t'es dev'nu un homme, et pourquoi que t'es pas venu me voir depuis ton retour. Oh mes pauvres, racontez-moi un peu comment ça s'est passé là-bas... Nous on a souffert ici, vous pouvez même pas savoir...

-          Excuse-nous, la Del, mais là on est un peu embêtés..., aurais-tu vu ma vache ? coupe le Toine.

-          Non, je n’ai pas vu de vaches, mais allez voir Olivier qui fauche les fossés en direction de la Boutière. »  nous conseille-t-elle un peu vexée.

Nous marchons en direction de la Boutière, cette route, on la connaît par cœur quand, dans notre jeunesse, on allait au rugby à pied, quand même, on avait des jambes pour faire ces 15 km. Quand on aperçoit le cantonnier, nous le reconnaissons à peine. Il est en train de creuser et ça nous fait froid dans le dos à tous les deux. On s'approche et on n'ose pas le regarder dans les yeux. Mais le Toine se lance :

« - Olivier, content de te voir!

- Mes petits gaillards! Vous m'avez l'air en forme ma foi! Ca c'est sûr que c'est pas mon cas. Mais faut croire que la guerre m'a pas vacciné, je creuse toujours!

- Dis-nous, t'aurais pas vu une vache noire et blanche ?

-          Non, je n’ai pas vu de vache dans le coin, mais j’ai cru apercevoir des traces de vaches qui descendaient chez le vieux Mitraillou, répond le cantonnier.

 

-          Merci, on suit les traces ? » demandai-je.

Nous entrons dans ce petit chemin qui nous amène vers la vaste demeure de Mitraillou à la Boutière. Dans ce chemin on ramassait les châtaignes étant petits. Mitraillou, lui, vit avec ses poules et sa seule jambe droite, l’autre il l’a laissée à la guerre à cause d’un obus. En arrivant, nous le voyons qui fait de grands gestes avec ses bras.

« - Qu’est-ce qui se passe Mitraillou ? demande le Toine.

-          J’étais en train d’admirer mon beau coq, quand le renard l’emporta sous mon nez. Si j’avais mes vingt ans, je l’aurais attrapé ! s’exclame Mitraillou.

-          Mon pauvre! Sinon, as-tu vu ma vache passée ? demande le Toine.

-          Ah ! Je mangeais ma soupe du matin, quand j’ai aperçu une vache qui partait en direction de l’Anglade, explique Mitraillou.

-          Merci Mitraillou", dis-je.

En route vers l’Anglade, nous entendons des cris qui viennent du village :

« - A L’AIDE, LA TETE EST COINCEE ! crie quelqu'un.

-          Je crois que c’est Jean ! » dis-je.

Nous courons en direction de l’écurie de Jean et Marie, de paisibles paysans. Une vache est en train de vêler.   

« - Dépêchez-vous de nous aider à tirer ! s’exclame Marie

-          Tirez, tirez, tirez, crie le Toine.

Et d’un dernier élan, nous arrivons à faire sortir le veau.

                « - Nous vous remercions beaucoup, sans vous, on n’y serait pas arrivé, remercie Jean.

-          Vous boirez bien un petit canon ? propose Marie.

-          Désolés, mais nous sommes à la recherche de l’une de mes vaches, explique  le Toine.

-          Ah ! Je l’ai vue en pansant mes poules, elle est noire et blanche.

-          Elle marchait en direction du Bost, explique Jean.

-          Merci beaucoup ! » remercions-nous en choeur.

En route vers le Bost!

                « - TOINE, t’entends c’bruit d’vache ? demandé-je.

-          Mais oui c’est bien des vaches ! s’exclame le Toine. Courons vers ce bruit ! »

Nous courons en direction de ce bruit de vache, nous voyons un homme avec deux bœufs qui brament.

« - Ca va ? On va vous aider, dit le Toine.

-          Mais c’est Marius ! m’exclamai-je.

-          Ahhhh, ah, ahhh ! Aidez-moi mes amis, demande Marius.

-          On va atteler les bœufs à l’arbre. Va pousser l’arbre pour qu’il puisse tomber, propose le Toine.

-          D’accord, POUSSEZ ! Hurlons-nous tous ensemble.

-          Aïe, aïe, aïe, ouf ! Ca devrait aller, dit Marius.

-          Comment es-tu arrivé sous cet arbre ? demande le Toine.

-          C’est une longue histoire. J’étais en train de couper du bois quand un troupeau de sangliers a effrayé mes bœufs et l’arbre a roulé sur mes jambes, explique Marius.

-          Quel malheur, dis-je.

-          Nous sommes  à la recherche d’une vache, tu ne l’aurais pas vue ? demande le Toine.

-          J’ai vu des bouses de vaches en direction de St Rémy » dit Marius.

En route vers St Rémy sur Durolle, nous trouvons le chemin long et le Toine aussi. Nous sortons du chemin pour la route goudronnée mais il n’y a plus de bouses ni  de pas. On ne voit qu'une cariole au loin. On est déçu. Suite à ce revers, le Toine décide d’aller au bar de la Colette, un peu plus loin à St Rémy.

 

Le soleil brille sur le haut clocher de St Rémy, nous allons nous restaurer au bar de Collette.

C'est une vielle bâtisse du XVIII siècle, il y a une belle fontaine à côté. Une fois dans le bar , je m'émerveille en voyant toutes les têtes de chasse au mur, les tables en chêne massif sont d'une brillance époustouflante...

"C'est la première fois que tu viens? demanda le Toine.

-Oui, j'étais jamais monté aussi haut dans St Rémy" répondis-je.

Le Toine demande deux pressions quand la sonnette de l'entrée retentit.

La porte s'ouvre avec une violence incroyable, c'est Calemy, le Toine m'explique que c'est un vieux paysan du coin.

"Oh, vous savez ce qu'il y a devant ma porte, une vache noire et blanche, avec mon taureau, cria Calemy.

-Oh.Calemy je crois que c'est ma vache, je la cherche depuis ce matin, explique le Toine.

-Bien viens la récupérer" dit Calemy.

En route vers chez Calemy, je vois sa vieille ferme sur deux étages. En dessous, il y a des bottes de foin et ses poules, la vache est bien là.

"Bon on va les entraîner sur la levée et les enfermer en haut, explique Calemy.

-D'accord", dit le Toine.

J'observe la scène, la vache et le taureau avancent vers la levée, il monte, le taureau passe en premier soudain le taureau passe à travers le plancher et tombe avec les poules.

Calemy sur le bord crie ; le taureau ressort avec les poules, calmement.

Le Toine prend son bâton à deux mains et pousse le taureau et la vache en bas de l'écurie.

Calemy crie sur la poule.

Après une heure d'efforts nous arrivons à rassembler toutes les poules, nous disons aurevoir à Calemy et nous partons en direction du Mat.

Le Toine dépose la vache dans son écurie et nous partons dans sa maison. Une fois arrivés Chloé et Muriel nous préparent des gauffres au caramel une spécialité hollandaise. A la lueur du feu nous nous regardons et partons d'un éclat de rire qui ne peut plus s'arrêter.

"- Que c'est bon d'être là!

- Tu l'as dit. Merci, mon ami."

Et nous rions de plus belle.

 

 

 

Publié dans Concours 3°

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Commenter cet article

antoine du 63 22/01/2011 18:00


c'est des vieux souvenirs


maxime 14/01/2010 12:55


bravo pour la rédaction, beaucoup d'humour


Pierre 14/01/2010 12:53


Bravo.....


camille 10/01/2010 18:13


Pas mal votre texte ^_^


Isabel 28/12/2009 11:11


L'herbe pousse toujours dans ce beau coin de terre et parfois laisse éclore de futurs écrivains. si, si ! J'ai adoré me faire guider avec maestria entre réel et imaginaire. C'est poétique et j'aime
ce pont entre hier et aujourd'hui, pleine de vie. Nous écriras-tu la suite des aventures de Toine ? je l'espère. Félicitations Antoine.