Punition

Publié le par les jeunes écrivains

PUNITION


« - Salut Brenda. - Bonsoir, alors on a quoi ce soir ? » demanda-t-elle.


La médecin légiste, Brenda, avait l’air froide. Chaque fois qu’elle devait aller travailler elle revêtissait comme une sorte de masque, bien qu’elle aimât son travail. C’était dur, certaines fois.


« - Deux victimes, un petit garçon de 6 ans et sa mère, 42 ans, répondit Rose qui faisait partie de la police judiciaire.

- Oh… et l’arme ?

- Un coup de couteau dans le cœur de l’enfant et la mère en a partout sur le corps, dit la policière.

- Ils sont où ? » 


Rose emmena Brenda dans le salon, vers le cadavre de la mère, à coté du canapé d’angle marron. Après quelques minutes, Brenda déclara :

« - Toutes ces plaies ne sont pas mortelles, elle a perdu beaucoup de sang. Elle est morte au bout de plusieurs heures, elle a souffert…

- Tu ferais mieux de ne pas dire cela devant son mari. A mon avis, il a déjà subi un assez grand choc. – C’est lui qui les a découverts ? s’écria Brenda, stupéfaite.

– Eh oui…, soupira Rose. »


Elle retourna près du mari, qui pleurait dans un coin avec deux policiers autour de lui. Pendant que la médecin légiste continuait d’examiner le cadavre de la mère. Lorsqu’elle voulut la retourner, le mari se leva brutalement.


« - Ne la touchez pas ! s’énerva Benoît O’connell.

– Je ne lui ferais rien, calmez-vous monsieur, déclara Brenda alors que les deux policiers essayaient de le retenir. Si vous voulez savoir ce qui s’est passé, laissez-moi travailler.

– Je… Oui… Mais s’il vous plaît… Marie était…

-Je sais… Je ne lui ferais rien », promit Brenda qui commençait à éprouver de la tristesse pour cet homme.  Il hocha la tête et s’effondra de nouveau dans son coin. La légiste retourna vers le corps de la mère.


Après plusieurs manipulations, Brenda se dirigea dans la chambre de Max, l’enfant. Il y avait des posters sur les murs que la lumière tamisée faisait ressortir.

Dès qu’elle eût observé les deux corps, elle retourna voir Rose et deux de ses collègues qui venaient d’arriver, Jean, un petit maigrichon et Mario, un italien musclé.


« - Bonjour Brenda, toujours aussi jolie, lui lança Mario avec un clin d’œil.

– Bonsoir les gars. Vous tombez bien, ici, il y a quelque chose qui ne colle pas : le mode opératoire n’est pas le même pour l’enfant, Max et pour Marie, l’épouse.

– Comment ça ? Tu veux dire qu’il y aurait deux meurtriers ? lui demanda l’Italien.

– Oui, je pense, tu vois, pour la femme, il y a environ un quinzaine de coups de couteau sur son corps alors que l’enfant n’a qu’une plaie vers le cœur. »


Ils restèrent silencieux durant quelques minutes.

« - Et, y a-t-il eu effraction ? demanda Jean.

– Non, aucune ! La porte était fermée de l’intérieur et toutes les fenêtres aussi.

– Elle devait donc connaître son agresseur, supposa Mario.

– Possible… - Son mari ?

- Non, Jean, je ne pense pas, vu comment il s’est énervé contre Brenda, tu aurais du voir, riposta Rose.

– Justement, déclara Mario, peut-être qu’il voulait nous cacher des choses…

- Oui, mais je lui dirais de ne passer que demain au commissariat. 

– Et rien à signaler du côté des voisins ?

- Non, ils n’ont rien vu et rien entendu » conclut Rose.


Ils continuèrent leurs investigations à trois et la policière retourna vers le mari et partit avec lui.


« - On a l’impression que l’agresseur voulait faire souffrir Mme O’connell, mais pas l’enfant, fit remarquer Mario.

– Oui, c’est vrai, alors il n’y aurait peut-être qu’un coupable qui n'avait pas les même sentiments pour les deux victimes ?

- Peut-être, ce qui confirme plus la thèse sur le mari.

– Il faudra en parler à Rose, on continue… »


Au bout de plusieurs heures, ils remballèrent leurs matériels et partirent dans leur laboratoire.

Après les autopsies, les légistes déterminèrent que l’arme était le même couteau pour les deux meurtres. Brenda et ses deux collègues allèrent apporter leurs résultats au commissariat. Et quand ils arrivèrent :

« - Ah ! Vous tombez bien, je vais aller interroger le mari, vous avez des infos pour moi avant que j’y aille ?

- Oui, répondit Jean, on a conclu que l’arme était la même.

– Et un seul tueur ?

-Ca on le ne sait pas encore, on n’a pas trop cherché l’arme cette nuit. Mais avec Jean, on va aller chez les O’connell pour voir si l’arme n’est pas dans la maison ou dans les alentours.

–D’accord, mais moi, je vais rester là, je vous appelle si on a du nouveau, dit Brenda, à tout à l’heure, vous revenez ici ?

-Ok, pas de souci, on vous appelle dès qu’on a l’arme. »


Les deux filles de dirigèrent dans une salle au fond du couloir. Lorsqu’elle entrèrent, la pièce était sombre, avec en son milieu une table et deux chaises. Un homme, aux yeux gonflés et rouges, était assis sur l’une d’elle.

« - Bonjour Mr O’connell.

– Bonjour, vous avez du nouveau ?

- Je suis désolée monsieur, mais vous êtes en garde à vue donc, pour l’instant je n’ai pas le droit de vous donner de nouvelles…

-Oh…, le visage de l’homme s’affaissa, alors que me voulez-vous ?

-On a juste quelques questions à vous poser : Est-ce que votre femme, Marie, avait des ennemis ?demanda Rose.

– Non, pas à ma connaissance !

- Et vous, est-ce que quelqu’un vous en veut ?

- Euh…non, il ne me semble pas, » répondit-il hésitant. 


A ce moment-là, le téléphone de Brenda sonna :

« - Tu m’excuses, dit-elle à Rose en sortant, Allô ?

- Brenda ? C’est Mario, on a trouvé le couteau.

– Elle était où ?

- Sous le canapé, bizarre comme planque, non ?

- Oui, vous venez, nous, on n’a pas encore fini.

– On arrive, on jette juste un coup d’œil dans la maison. A tout de suite. »


Brenda raccrocha et glissa discrètement à l’oreille de Rose cette nouvelle, quand elle fut retournée dans la pièce. L’enquêtrice déclara au mari qu’elle reviendrait lui poser des questions plus tard.

Elles allèrent prendre des cafés et se posèrent sur une table vers l’entrée du commissariat, pour ne pas louper l’entrée de Jean et Mario. Elles discutèrent cinq minutes avant l’arrivée des deux autres.


« - On va faire les tests ensemble ? demanda le maigrichon.

- On te suit, Jean. » Le labo était la salle située à droite de leur table. Le labo était baigné d’une lumière blanche, qui leur faisait presque mal aux yeux. Ils s’installèrent dans un coin. Ils commencèrent leurs prélèvements, du sang étant resté sur la lame et sur le manche. Ils entreprirent une recherche d’empreintes et en trouvèrent une paire. Ils les passèrent dans le fichier de recherche.


Au bout de deux heures le résultat arriva :

« - Avec ce nouvel élément, on devrait retourné interroger Mr O’connell ? demanda Brenda.

–Il n’est pas possible que l’assassin ait porté des gans ? demanda Rose. C’est obligé que ce soit celles de l’assassin ?

-Oui, la coupa Mario, s’il avait des gants, les empreintes qu’on vient de trouver aurait été effacées alors que là, elles ne sont pas abimées ! Je pense qu’il y a un lien avec le mari.

– Alors, on y va… »


Rose et Brenda retournèrent dans la salle obscure, où Mr O’connell était toujours assis, pendant que les deux autres légistes continuaient d’examiner le couteau.

« - Est-ce que votre femme avait des problème de santé ? Stress, dépression ou quelque chose dans ce genre ?

- Non, pourquoi ?demanda Benoît O’connell inquiet.

– Etait-elle en colère ou étrange ?

- Eh bien, oui un peu depuis deux semaines, elle était tous les jours sur les nerfs… mais pourquoi me demandez-vous cela , inspecteur ?

-Que s’est-il passé ?

- Euh… eh bien, on s’est disputé mais je crois que c’était passé… - Vous en êtes sûr ? intervint Brenda - Non… répondit Mr O’connell avec des yeux brillants.

– Quelle était la cause de cette dispute ?

- Eh bien , Marie a découvert que…, hésita benoît O’connell, que j’avais une relation… Avec une autre femme…

- Comment a-t-elle réagi ?

- Eh bien, elle a voulu savoir pourquoi… Je lui expliquais et ça c’était un peu arrangé, sauf que je n’ai pas pu arrêter…

- Continuez…

- Le lendemain, j’ai donné un rendez-vous à ma maîtresse, pour lui dire que c’était fini mais, elle m’a annoncé que… » Il s’arrêta net, comme si ce qu’il allait dire était trop dur.

« - Qu’est-ce qui s’est passé ? demandèrent Rose et Brenda, avides de connaître la suite.

–Elle m’a annoncé qu’elle était enceinte. Et qu’elle voulait le garder… avec moi à ses cotés !

- Vous avez répéter ça à votre épouse ?

- Oui, et depuis Marie ne me parlait plus…

- Pas étonnant… murmura Brenda.

– Vous ne vous êtes plus jamais parlé après ça ? reprit Rose.

– Non, je dormais sur le canapé, mais elle voulait que je prenne une décision, rapidement. Je lui ai dit, il y a trois jours, qu'étant moi-même orphelin, je serais présent dans la vie de cet enfant.

– - - - Voilà qui explique tout ! déclara Rose.

– Vous savez ce qui s’est passé ? demanda l’homme en sanglotant.

– On ne peut pas vous le dire, désolée. » Elles sortirent de la salle sombre pour atterrir dans le couloir, en laissant derrière elles, Benoît O’connell qui pleurait.

 


Elles allèrent retrouver leurs collègues au labo. Quand elles les trouvèrent toujours dans le même coin, elles leurs racontèrent tour ce qu’elle avaient appris lors de l’interrogatoire de Mr O’connell.


« - Donc tout cela n’est dû qu’à une liaison ?

- Oui, je pense qu’on devrait lui en parler ? proposa Rose.

– Et si on se trompe, il ne va pas…

- Je suis d’accord avec Jean, on devrait calculer le degrés de pénétration de la lame.

– Ils ont raison Rose, insista Brenda. Laisse-les faire le test, après on ira le voir. On n'en a pas pour longtemps. 

– Et si on a raison ? Pourquoi l’enfant? demanda la policière.

– Peut-être pour qu’il ne vive pas avec un homme qui ose tromper sa femme et qui va avoir un enfant d’une autre, proposa Jean.

– Dans tous les cas, ces crimes ont été réalisé pour faire souffrir Monsieur O’connell. »


Ils allèrent, tous trois, dans une salle au fond du labo. La seule source de lumière était un grand ordinateur. Cet ordinateur pouvait, en entrant certaines données, calculer la taille du meurtrier. Mario entra les données et la seule possibilité était celle à laquelle ils pensaient déjà. Ils sortirent de la salle pour retrouver Rose. Brenda ressentait un mélange de satisfaction, pour avoir résolu cette enquête, et aussi un peu de tristesse car elle devait l’annoncer à Rose qui le dirait au mari. Ils laissèrent la policière seule et sortirent pour retourner chez eux.


Sur l’écran de l’ordinateur, les empreintes affichées, prises sur le manche du couteau, étaient au nom de Marie O’connell.

 

Publié dans Concours 3°

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